"Notre forme au soleil nous suit, marche, s'arrête, Imite gauchement nos gestes et nos pas, Regarde sans rien voir, écoute et n'entend pas, Et doit ramper toujours quand nous levons la tête."
Il n’est pas là tout le temps. Il vient la nuit. Enfin… certaines nuits seulement. Il se cache dans les coins sombres et, de là, il me regarde. Il ne parle pas, mais il m’empêche de dire un mot. Il me réduit au silence, avec des menaces. Une fois, j’ai voulu en parler à maman. Mais je l’ai vue si inquiète, si triste… que j’ai préféré me taire. Et si jamais le monstre lui faisait du mal, à elle ? C’est ce qu’il me souffle, d’ailleurs. Il s’approche tout près de mon oreille, et me murmure que si je parle, il arrivera des choses terribles à ma maman. Et moi, je ne veux pa s qu’elle souffre ... Chuuuut !!! Il y a un monstre dans ma chambre. Alors je me tais. Je supporte. Mais j’ai peur. Une peur immense. Il m’arrive de pleurer, parce que je ne veux pas aller dormir. Je ne veux pas rester seul. Mais maman me dit d’y aller quand même. Parfois, elle m’accompagne, elle regarde sous le lit, inspecte les coins, et me dit : — Tu vois ? Il n’y a rien ici ! Mais une fois qu’elle s’endort… le monst...
Elle était évidente et belle et sans artifice comme une rose pâle au soleil de juin. Dans la tiédeur ouatée de cette brasserie de la rue Jehan-de-Beauce, elle paraissait m'attendre tranquillement, sur la banquette de cuir sombre où sa robe de soie légère faisait une tache claire et gaie vers laquelle je me sentais aspiré comme la phalène affolée que fascine la bougie vacillante. Sans réfléchir, je me suis assis près d'elle. Pendant que je lui parlais, ses doigts graciles trem … blaient à peine pour faire frissonner un peu le mince filet de fumée bleue montant de sa cigarette. " Ne dites rien mademoiselle, je ne veux pas vous importuner. Je ne cherche pas d'aventures. Je n'ai pas de pensées troubles ou malsaines. Je ne suis qu'un pauvre homme prisonnier de sa haine, qui cherche un peu d'amour pour réchauffer son cœur glacé à la chaleur d'un autre cœur. Ne me repoussez pas. Allons marcher ensemble un instant dans la ville. Ouvrez-moi votre âme l'es...
Pourquoi Socrate refuse-t-il de coucher avec Alcibiade ? Par quel tour de passe-passe peut-on justifier que deux êtres qui s’aiment ne fassent pas l’amour ? Peut-on dire de Zarathoustra qu’il est l’enfant de Nietzsche et Lou Salomé ? La pensée politique d’Hannah Arendt est-elle une façon d’ajouter à la philosophie de Heidegger « l’espace intermédiaire du monde » qui manquait à leur histoire ? La philosophie est-elle, comme son nom l’indique, un « amour de la sagesse », ou bien, comme sa pratique le montre, une sagesse de l’amour ? Pourquoi Socrate et Alcibiade n’ont-ils pas fait l’amour ? Quelle sorte de scrupule leur a valu de rester chastes le soir où Alcibiade recevait son amant ? Plus encore, pourquoi Socrate est-il la seule personne en présence de qui Alcibiade éprouve de la honte ? Que vaut une métaphysique qui, au nom de l’amour lui-même, justifie que deux amants ne fassent pas l’amour ? Cycle de rencontres autour des philosophes amoureux et de leur correspondance. L’en...
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